3. Caractères distinctifs (SCHEMAS)

Description

I. Caractères microscopiques :

Essentiels pour la classification des espèces, ces caractères permettent notamment d’apprécier la forme, l’aspect et la taille des spores. Les scientifiques les étudient en laboratoire.
Le profane, lui, se référera aux seuls caractères organoleptiques et macroscopiques, vérifiables sur le terrain, et qui apportent les éléments suffisants pour la reconnaissance des principales espèces comestibles et toxiques.

II. Caractères organoleptiques :

Leur appréciation fait intervenir directement 4 des 5 sens : la vue, l’odorat, le goût et le toucher. En effet, le récolteur de champignons ne négligera jamais d’appréhender la couleur, l’odeur, la saveur et la consistance d’un spécimen.

1. Couleur :
Si la couleur est un critère de détermination important, elle a longtemps conduit à des erreurs graves. Il s’agit d’un caractère difficile à manier et qui ne suffit absolument pas à distinguer les espèces comestibles des vénéneuses, comme on a pu le croire autrefois.
C’est en vertu de données aussi empiriques que les champignons qui bleuissent à la cassure ont été longtemps condamnés.
La couleur de la cuticule, celle de la chair, enfin celle des lames et des spores sont effectivement à prendre en considération.
– En ce qui concerne la cuticule, il faut savoir qu’une même espèce peut offrir des teintes variées. L’Amanite phalloïde en est un exemple typique : ordinairement olivâtre, on peut en rencontrer des exemplaires blancs, ochracés, grisâtres, ou plus ou moins verdâtres, ce qui accentue les risques de confusion avec des espèces bonnes comestibles. D’autre fois, la cuticule revêt des couleurs flamboyantes qui ne manquent pas d’attirer l’attention. Le Cortinaire des montagnes en est justement un exemple à éviter, de même que l’Amanite tue-mouches. Il existe aussi des espèces à chapeau hygrophane, c’est à dire dont l’aspect et la couleur changent en fonction du degré d’humidité.
– La chair est souvent blanche et immuable, mais elle peut se teinter à l’air ou à la cassure, comme chez certains Bolets. Les zones situées immédiatement sous la cuticule sont parfois imprégnées de la couleur de celle-ci. Certaines espèces, telles que le Paxille enroulé, on la chair naturellement teintée tout comme celle de certains Cortinaires (Cortinaires des montagnes).
– La couleur des lames est aussi importante, ainsi que celle des spores. (cf Sporée)

2. Odeur :
Certains champignons dégagent une odeur tellement caractéristique qu’on a cru bon de la signaler dans leur dénomination : c’est le cas pour le Tricholome soufré ou le Marasme alliacé. Pour d’autres, des facultés olfactives exercées sont nécessaires à la détection d’une odeur et à sa qualification. Sur ce thème, les mycologues ont parfois rivalisé de subtilité et attribué à certains champignons des senteurs dignes de spécialistes de la parfumerie :
On peut classer les odeurs en 3 grands groupes, à l’intérieur desquels toutes les nuances sont envisagées.
– parmi les odeurs suaves, on inclut les parfums de fruits, de fleurs ou de plantes aromatiques (le Pied-bleu), d’anis (Agaric des bois), les senteurs balsamiques et mentholiques ;
– les odeurs vives sont dites poivrées, de farine ou de légume. Le Mycène pur à odeur de radis et l’Amanite citrine qui sent la pomme de terre crue illustrent ce cas ;
– les odeurs grasses sont beaucoup moins agréables : elles sont fétides, animales, alliacées, ou rappellent l’odeur du gaz d’éclairage comme c’est notamment le cas pour le Tricholome soufré. Quant à l’Anthurus d’Archer et à son proche parent le Phalle impudique qui croît sous feuillus, ils dégagent certainement les odeurs les plus nauséabondes.

3. Saveur :
Il s’agit d’un critère important qui permet, au même titre que l’appréciation de la consistance, de confirmer un diagnostic de détermination. La méthode est simple puisqu’il suffit de goûter un petit morceau de chair et, bien sûr de le rejeter ensuite pour éviter une intoxication dans les cas d’espèces douteuses. Une telle opération ne présente aucun danger pour le profane à condition de ne pas avaler les morceaux.
La chair peut être douce, de saveur discrète ou au contraire, très sapide, avec un saveur rappelant, par exemple, la noisette. D’autres fois, elle présent une amertume plus ou moins intense (Hypholome en touffe), une saveur poivrée, brûlante (Lactaire poivrée) ou âcre que l’on rencontre notamment chez la Russule émétique. Amertume et âcreté disparaissent parfois à la cuisson, aussi ne faut-il pas éliminer inconsidérement un champignon sur ce seul critère. Par son goût, la chair peut rappeler certains légumes comme c’est le cas pour le Mycène pur à saveur de radis ou de rave. Tandis que le mannitol que contiennent d’autres espèces contribue à leur donner un goût sucré.

4. Consistance :
Il n’est pas facile d’apprécier et ensuite de décrire en termes précis la consistance d’un champignon, d’autant que chaque personne a une sensibilité propre qui lui fait ressentir les choses un peu differemment de son voisin. Malgré tout, la consistance friable et grnue des Lactaires et des Russules est un critère de reconnaissance certain. De plus, la chair des Lactaires laisse écouler à la cassure un liquide ou « lait » qui leur a donné leur nom. Parmi les champignons dits à chair coriace, certains peuvent avoir une consistance élastique, tenace ou subéreuse comme le liège. Une troisième catégorie englobe les espèces charnues à chair dure, ou molle, comme celle du Clitocybe orangé. Enfin, la consistance gélatineuse des Trémelles, par exemple, peut revêtir différents aspects et on qualifie certaines chair de spongieuses, de visqueuses ou encore de muqueuses.

III. Caractères morphologiques :

1. Type de carpophore :

2. Chapeau et cuticule:
Il faut regarder la forme du chapeau et apprécier l’âge du spécimen avec lequel la forme du chapeau évolue.

Il est également important d’évaluer le type de revêtement de la cuticule.

3. Marge :

4. Débris de voile ou de cortine :
Cf shéma dans 8. Anneau, armille, bulbe, volve

5. Hyménium :
On distingue grossièrement 6 groupes selon que l’hyménium est :
– à lamelles
– à plis
– à surface lisse
– à aiguillons
– à tubes
– à alvéoles ou à côtes

6. Lames :
Il s’agit essentiellement d’apprécier la façon dont les lames s’insèrent sur le pied ou non, ainsi que l’espacement des lames entre elles.

7. Pied :
On s’attache à regarder la forme du pied.

8. Anneau, bulbe, volve, armille :

9. Chair :
Cf II. Caractères organoleptiques

Sporée :
C’est un amas de spores d’un champignon recueillies au fur et à mesure de leur maturité.
La couleur des spores ne peut s’apprécier directement que sur les champignons à lames blanches. Pour les autres, il est nécessaire de les isoler sous orme de sporée.

Un dispositif simple pour obtenir une sporée consiste à pratiquer dans une feuille de papier blanc une perforation dans laquelle on engage le pied du champignon jusqu’au voisinage du sommet ; on pose le montage sur un verre dans le quel, pour maintenir une humidité suffisante pendant la durée de la sporulation, on verse un peu d’eau ; on coiffe ensuite le tout d’une boite.
Le nombre de spores produites par un seul carpophore est impressionnant, puisqu’il atteint fréquemment plusieurs dizaines de millions : au bout de 24 à 48 heures, on obtient un dépôt qui déssine l’agencement des lames sous le chapeau.
Blanche, jaune pâle, verdâtre, rose, ocre, pourpre, brune, noire, la couleur de la sporée varie suivant les espèces ; elle est un facteur essentiel dans la classification des champignons, en particuliers des Agaricales.
Chez les russules, où elle va du blanc pur au jaune, elle constitue un des critères utilisés pour la définition des principaux groupes d’espèces.

IV. Habitat :

Il va de soi que l’époque la plus favorable est celle que l’on appelle la saison des champignons. Le plus grand nombre d’espèces poussent en effet de la fin de l’été à l’automne.

La croissance des champignons est liée à un ensemble de conditions écologiques : climat, conditions atmosphériques, nature du sol, association avec d’autres plantes, etc. Plus le nombre de conditions est élevé, plus l’aire et l’époque d’apparition sont limitées. Les champignons les plus cosmopolites sont donc ceux qui ont le plus de libertés écologiques. On conçoit ici l’impact de ces conditions sur la répartition géographique.
Ainsi, la Truffe du Périgord ne vient que dans les régions chaudes du Sud-Ouest européen. L’Oronge et le Clitocybe de l’olivier, également thermophiles, sont répartis surtout dans les contrées méridionales. On ne les découvre que rarement dans les endroits abrités et bien exposés des régions septentrionales. D’autre part, le Bolet satan ou l’Amanite solitaire poussent exclusivement dans les régions calcaires, le Tricholome équestre dans les régions silicieuses, l’Entolome livide en terrain argileux.

Certaines conditions écologiques ont une conséquence géographique plus limitée. Les champignons liés spécifiquement à une essence d’arbre sont exclusifs de ses bois. C’est ainsi que la Truffe est liée au chêne, le Bolet élégant au mélèze. Mais la plupart des champignons sylvicoles sont associés soit aux feuillus soit aux conifères. Sous ces derniers on trouve le Lactaire délicieux ou le Tricholome tigré, sous les premiers des Morilles, le Bolet orangé. D’autres espèces comme l’Amanite rougissante s’accomodent de toutes les essences d’arbres.

Les champignons forestiers sont des espèces terricoles. Elles sont en relation avec les racines des arbres par l’intermédiaire de leur mycélium et forment ce qu’on appelle les mycorhizes.
D’autres se développent en parasite sur les arbres ou leurs souches. Ce sont les espèces lignicoles, tels l’Armillaire couleur de miel, le Pleurote en forme d’huître ou la Pholiote changeante. L’Armillaire, peut-être le moins spécifique, offre une grande variabilité de forme et de couleur selon l’essence de l’arbre.

La forêt est le milieu le plus favorable au développement des champignons. Elle constitue le « terrain de chasse » favori de nombreux mycologues et gastronomes. Mais, il ne faut ignorer que les prés, les pâturages, les pelouses et les gazons sont leslieux de prédilection d’un grand nombre d’espèces parmi les quelles figurent de bons comestibles : des Agarics (Agarics des jachères, Agaric champêtre), des Tricholomes (Tricholome sinistre, Tricholome de la Saint-Georges), des Lépiotes (Lépiote excoriée, Lépiote grêle…), des Coprins (Coprin chevelu) et le Marasmes des Oréades, ce petit mousserons d’automne qui déssinent des cercles appelés ronds de sorcières dans l’herbe des prairies.
Si les prairies et autres lieux herbeux évoqués précédemment correspondent à un type de station privilégié, favorable au développement de nombreuses espèces, les parcs, les jardins, les terres cultivées, les marais et les tourbières sont autant de biotopes où se complaisent quantités de champignons.
Les jardins sont les lieux de prédilection des Coprins, venant parfois en touffes envahissantes (Coprin noir d’encre, Coprin micacé), mais aussi de petites Lépiotes. Attention à ces dernières ! Il peut s’agir de petites Lépiotes brunes, toxiques, voire mortelles.
Plus pauvres sont les terres cultivées; elles comptent à la fois des espèces ubiquistes, telles que la Lépiote pudique, et quand elles sont fumées, des champignons plus spécifiques comme la Volvaire gluante et l’Agaric champêtre.
Quand aux parcs et jardins publics, ils dissimulent parfois de petits Agarics (Psalliota radicata) sous quelque essence exotique.
Moins étroitement liées à l’homme, les tourbières et les marécages abritent des Russules, des Cortinaires, de nombreux Galères (Galère des mousses, Galère des sphaignes…) et autres petites espèces : Omphales (l’Omphaleépingle), Mycènes…
Des stations plus spécifiques, telles que le milieu incendié, le milieu stercoral, les sciures, méritent dêtre évoquées. La Bolbitie couleur jaune d’oeuf, la Volvaire gluante, le Panaeolus sphinctrinus, ont colonisé les fumiers, les pailles pourries et autres milieux riches en matières organiques.
Les lisières des bois constituent un milieu spécifique en raison de leur position « frontière ». Elles abritent de nombreuses espèces printanières : Pézizes, Morilles, Verpes et Morillons.
En revanche, les grandes Lépiotes, comme la Coulemelle, affectionnent tout particulièrement les landes à genêts et à bruyères.

V. Le climat :

Dans la répartition des champignons, le climat intervient surtout par ses composantes : humidité, température et lumière. On sait combien les averses de l’été et de l’automne favorisent la sortie des champignons. La teneur en eau du sol, également liée aux précipitations, joue un rôle capital. C’est ainsi que la trompette de la mort exige 40 % d’eau, alors que les Amanites se suffisent de 10 à 15 %.

La température est un autre facteur important et bien que de nombreuses espèces poussent en été et en automne, il en est de plus précoces comme la Morille vulgaire, mais aussi de plus tardives pour ne citer que le Bolet comestible capable de supporter des températures basses. En revanche le Clitocybe de l’olivier et la Truffe du Périgord préfèrent des températures plus méridionales.

Dans les bois, où le couvert végétal arrête les rayons solaires, le facteur lumière reste secondaire, mais, par contre, le bon développement des champignons des prés dépend pour une part de l’intensité lumineuse.

La nature du sol est tout aussi déterminante, certaines espèces préférant les sols acides, d’autres les sols silicieux ou calcaires. Cette diversité se retrouve chez les variétés d’une même espèce puisque, dans le cas du Lactaire à toison, la variété cilioides pousse sur sol calcaire et la variété pubescens sur terrain acide. De même, l’Entolome livide préfère les terres argilleuses et le Bolet satan les sols calcaires.

 

8. Classification

Classification

Les champignons ont été classés dans le passé comme faisant partie du règne végétal du fait de la présence d’une paroi cellulaire et de plusieurs similitudes entre leurs cycles de reproduction et ceux des algues.

En 1969, Whittaker les a classés dans un règne à part celui des Mycota sur la base de plusieurs caractères particuliers comme l’absence de chlorophylle et d’amidon.

Une des classifications les plus répandues est celle de Geoffrey Clough Ainsworth (1905-1998) et Guy Richard Bisby (1889-1958) dans leur Dictionary of Fungi (1971), bien qu’elle soit aujourd’hui profondément remaniée (9e édition en 2001) on trouve encore les anciennes versions de cette classification dans certains ouvrages.

La classification actuelle des champignons distingue cinq divisions (ou embranchements) :

Chytridiomycota, ou chytridiomycètes : espèces aquatiques dont les spores portent un flagelle. On les considère comme les ancêtres de tous les autres champignons.
Zygomycota, ou zygomycètes : espèces à spores non flagellées dont les cellules ne sont pas séparées par des cloisons.
Ascomycota, ou ascomycètes : les spores sont produites à l’intérieur de sacs (les asques) et sont projetées, à maturité, à l’extérieur par ouverture de l’asque.
Basidiomycota, ou basidiomycètes : les spores se développent à l’extrémité de cellules spécialisées (les basides) et sont dispersées par le vent à maturité.
Glomeromycota, autrefois classés dans les Zycomycota ils sont maintenant considérés comme constituant une division à part.

Les premières études de portions d’ADN et de chromosomes tendent à proposer une nouvelle classification, et coïncide de plus en plus avec la classification phylogénique, donc de moins en moins avec la classification morphologique.

Le nom complet d’un champignon s’effectue en 7 niveaux de précision :
– Règne
– Division
– Classe
– Sous-classe
– Ordre
– Famille
– Genre

5. Définition du règne fongique

Définition du règne fongique

Sont classés dans le règne des Fungi tous les organismes remplissant les conditions suivantes :

• Ils sont eucaryotes (organismes possédant des cellules et dont les chromosomes sont enfermés dans un noyau).

• Ils sont hétérotrophes vis-à-vis du carbone, qu’ils doivent donc trouver dans leur environnement immédiat. Incapables d’utiliser l’énergie solaire, ils absorbent de nombreuses molécules carbonées fabriquées par d’autres êtres vivants.

• Ils sont absorbotrophes, se nourrissant par absorption (décomposition) et non par ingestion (caractère animal). Dépourvus de racines, tiges et feuilles, leur appareil végétatif, appelé mycélium, est diffus, ramifié et tubulaire, constitué de filaments fins enchevêtrés, les hyphes, à croissance apicale, permettant la nutrition par absorption.
Dans la nature, la plupart des champignons supérieurs ont recours à la mycorhize, qui est une symbiose entre les racines d’une plante et le mycélium. Les racines de la plante produisent le glucose (du sucre) pour le champignon, celui-ci ne sachant pas le produire lui-même (manque de chlorophylle). Le mycélium procure en retour de l’eau et des sels minéraux inaccessibles aux racines de la plante.

• Ils se reproduisent par des spores non flagellées ou exceptionnellement à un seul flagelle (caractéristique faisant que le mildiou, à deux flagelles, n’est plus aujourd’hui considéré comme un champignon).

• Ils fabriquent des substances qui leur sont propres (tréhalose, mannitol…), leur paroi contient de la callose, de l’hémicellulose et de la chitine (voisine de la chitine des insectes, caractère animal, alors que les végétaux possèdent une paroi cellulosique). Leur premier polymère glucidique est le glycogène.

• Ils élaborent des structures, de formes très variables, les sporophores, capables de produire un nombre considérable de spores haploïdes après une phase à dicaryon plus ou moins longue.

• Il n’ont pas de différenciation sexuelle (périttogamie) et présentent une dicaryophase assez développée entre la plasmogamie et la caryogamie.

9. Glossaire des champignons

A

Adné : se dit de lames qui adhèrent au pied sur tout ou partie de leur épaisseur.

Aiguillon : organes en forme d’aiguilles situés sous le chapeau des hydnes.

Amphigène : « de tous côtés », se dit d’un hyménium dirigé en tous sens ou de part et d’autre d’un organe plus ou moins vertical.

Anastomosé : se dit de 2 éléments réunis par des veines ou des plis, par exemple les lames des paxilles.

Anneau : bague enserrant parfois le pied des champignons.

Apothécie : réceptacle de certains champignons, le plus souvent en forme de coupe (ex : les Pézizes).

Appendiculé : se dit de la marge du chapeau qui a conservé des restes pendants du voile général.

Apprimé : se dit d’écailles, de fibrilles étroitement appliquées sur le chapeau ou sur le pied.

Arbuscule : petit arbre. La Calocère a la forme d’un arbuscule.

Aréolé : présentant des taches circulaires.

Arête : bord libre d’une lame.

Armille : sorte de manchon enveloppant le pied de certains champignons et s’épanouissant en une collerette (Cystodermes), voiile partiel descendant jusqu’à la base du stipe.

Ascomycète : ordre de champignons dont les spores naissent dans des asques.

Asque : organe en forme de gousse ou de tube, contenant les spores.

B

Baside : cellule reproductrice.

Basidiomycète : ordre de champignons dont les spores naissent sur des basides.

Bifide : fourchu, fendu en deux

Bulbe : partie renflée de la base du pied.

C

Calcicole : vivant en terrain calcaire.

Calcifuge : vivant en terrain acide, jamais en terrain calcaire.

Campanulé : se dit du chapeau parfois en forme de cloche.

Carpophore : ensemble du chapeau avec l’hyménium, et du pied, « fructification », c’est le « champignon » lui-même au sens où nous l’entendons communément.

Céracé : qui a la consistance de la cire.

Cérébriforme : qui a l’aspect d’une cervelle – tourmenté – pourvu de circonvolutions.

Cespiteux : qui pousse en touffes, le pied de chacun des individus étant soudé aux autres par la base.

Cheilocystide : organe stérile situé uniquement sur l’arête des lames ou des pores.

Clavé : qui a la forme d’une massue.

Clavule : petite massue.

Clivable : pouvant se diviser dans le sens de l’épaisseur (cas des lames de Flammulines : quand on fend en deux un chapeau les lames se divisent en deux demi-lames qui se retrouvent chacune sur une des moitiés du chapeau).

Coalescent : se dit d’organes soudés irrégulièrement.

Collarium : zone annulaire qui isole les lames du pied de certains champignons.

Concrescent : se dit de chapeaux accolés.

Confluent : qualifie les champignons dont le chapeau et le pied ne sont pas séparable, la chair ne montrant pas de zone de rupture.

Coprophile : qui pousse sur les excréments.

Costulé : présentant des petites côtes ou rides radiales (se dit de la marge du chapeau).

Coralloïde : ramifié à la manière d’un corail.

Cortine : voile reliant le bord du chapeau au pied (Cortinaire…). Quand le champignon grandit, le voile se déchire.

Cryptogame : se dit des plantes qui ont des organes de la fructification cachés, comme les champignons, les fougères.

Cryptomaïne : terme générique et ancien désigant les toxines aminées qui se développent chez les champignons âgés ou en décomposition.

Cuticule : revêtement de la face supérieure du chapeau.

D

Décurrent : se dit de lames, tubes ou aiguillons qui se prolongent plus ou moins sur le pied.

Déliquescent : qui se liquéfie. La plupart des Coprins deviennent déliquescents à maturité ; leur chapeau se résout en une sorte d’encre noire.

Dimidié : se dit d’un chanpignon dépourvu de pied et fixé latéralement au support (nombreux Polypores).

Disque : région centrale du chapeau.

E

Ecarté : se dit des lames qui s’arrêtent à une petite distance du pied.

Echancré (ou émarginé) : se dit des lames qui portent une petite échancrure à proximité du pied.

Endopéridium : enveloppe interne du carpophore de certains champignons (les Vesses de loup…).

Excorié : se dit d’une surface écorchée (Lépiote excoriée).

Exopéridium : enveloppe externe du carpophore de certains champignons (les Vesses de loup…).

F

Farci : se dit du pied rempli d’une moelle cotoneuse.

Farinolent : à odeur de farine.

Fasciculé : disposé en touffes serrées de nombreux individus (ex : Hypholome en touffes).

Feutré : qui a l’aspect du feutre.

Fibreux : composé de fibres. On parle de la consistance de certains champignons.

Fibrilleux : orné de filaments, de fibrilles très fines.

Filiforme : ce dit d’un stipe élancé et mince dont l’épaisseur atteint difficilement 1 mm, pour une longueur pouvant atteindre plusieurs centimètres.

Fimbrié : finement frangé ou découpé.

Fimicole : se dit des champignons qui poussent sur les fumiers.

Fissile : facilement fendu à partir de l’extérieur ; échancré s’il s’agit d’une marge de chapeau ou d’une arête de lame.

Flabellé : en forme d’éventail.

Foliicole : qui pousse sur les feuilles.

Fugace : qui ne persiste pas ; se dit d’un anneau le plus souvent.

Fuligineux : de la couleur de la suie (le Lactaire fuligineux).

Furfuracé : couvert de petits grains semblables à de la poussière de son.

G

Gélatineux : qui a la consistance de la gélatine.

Gibbeux : aspect bossu du chapeau.

Glabre : dépourvu de poil.

Gléba : masse fertile (hyménium) interne de certains champignons gastéromycètes (Vesses de loup, Sclérodermes, Truffes…), celui-ci devient généralement déliquescent ou pulvérulent à maturité.

Globuleux : se dit d’un chapeau de forme quasiment sphérique.

Glutineux : avec une épaisse viscosité.

Grenu : qualifie la chair des Russules et des Lactaires qui, en raison de sa consistance, est cassante comme la craie.

H

Hémolysine : substance qui détruit les globules rouges du sang. Les Helvelles, l’Amanite rougissante,…renferment des Hémolysines.

Hérissé : à poils dressés.

Hile : region par laquelle la spore est reliée à l’hymenium.

Humicole : se dit des champignons qui poussent dans l’humus ou les débris de végétaux.

Hygrophane : qualifie un champignon qui change d’aspect et de couleur en fonction du degré d’humidité ambiant.

Hyménium : tissu qui porte les spores. On parle d’un hyménium à lames, à tubes, à aiguillons, à plis.

Hyphe : cellule qui forme la chair du champignon.

Hypogé : se dit des champignons dont le carpophore est souterrain.

I

Inégales : se dit des lames entre lesquelles s’intercalent des lamelles et des lamellules.

Infundibuliforme : en forme d’entonnoir.

Inné : s’applique aux fibrilles noyées dans la surface du chapeau ou du pied, et non pas en relief.

L

Lacuneux : se dit du pied pourvu de cavités irrégulières (l’Helvelle crépue).

Lacinié : découpé en lannières.

Lamelle : petite lame n’atteignant pas le pied du champignon. Souvent considérée comme synonyme de lame.

Lamellule : très courte lamelle localisée à la marge du chapeau.

Lames : feuillets situés sur la face inférieure du chapeau. Elles portent l’hyménium.

Lardacé : se dit des lames à consistance de lard.

Libre : se dit des lames qui arrivent jusqu’au pied sans y être soudées.

Ligneux : ayant la consistance du bois (fibres).

Lignicole : qui pousse sur le bois.

Ligulé : en forme de languette.

M

Maculé : taché.

Marge : bord du chapeau.

Marginé : se dit d’un bulbe muni d’un rebord net.

Méchuleux : couvert de petites écailles relevées à leur extrémité.

Médulleux : farci d’une moelle cotonneuse.

Mucilagineux : qui a l’aspect du musilage, substance de nature visqueuse.

Muscarine : alcaloïde dangereux contenu dans certains champignons, et qui a pour antidote l’atropine.

Mycélium : filaments le plus souvent souterrains, provenant de la germination des spores et constituant la partie végétative du champignon.

Mycorhize : association étroite entre le mycélium d’un champignon et les racines de végétaux supérieurs, souvent des arbres.

O

Ombiliqué : se dit d’un chapeau pourvu d’une dépression brusque et étroite au centre.

Orbiculaire : de forme arrondie et circulaire.

Ostiole : petit orifice permettant aux spores de certains champignons (Vesses de loup…) de s’échapper.

P

Papillionacé : se dit des lames des Panéoles sur lesquelles s’observent des plages foncées contrastant avec le fond clair comme les ocelles sur les ailes d’un papillon : c’est que la maturation de spores s’effectue progressivement par zones.

Pédicellé : pourvu d’un petit pied.

Péridioles : petites masses sombres contenant le tissu fertile de certains champignons (Pisolithes).

Péridium : enveloppe de nombreux champignons (Vesses de loup, Sclérodermes, Truffes…).

Périthèces : fructification de certains champignons (Daldinie concentrique). Elles renferment les spores.

Pickle : ensemble de tout petits champignons, légumes, fruits, et graines aromatiques macérés dans du vinaigre et servis comme condiments.

Piléique : appartenant au chapeau (pileus)

Plasmode : masse gélatineuse des myxomycètes.

Pleurocystide : élément stérile de l’hyménium situé sur les faces des lames ou à l’intérieur des tubes.

Pli : relief supportant l’hyménium chez les Chanterelles.

Pore : ouverture des tubes sur l’extérieur.

Pruine : poussière recouvrant parfois la cuticule.

Pruineux : pourvu d’une pruine, fine poussière recouvrant parfois la surface des champignons.

Pubescent : garni de poils fins.

Pulvérulent : qui se résout en poussière. Se dit de la gléba.

Pulviné : chapeau en forme de coussin, c’est à-dire bombé mais légèrement plat au centre.

R

Ramules : petits rameaux, ramilles, les Clavaires sont souvent pourvues de ramules.

Réceptacle : cf. Carpophore.

Récurvé : se dit de la marge lorsquelle est recoubée vers l’extérieur.

Réniforme : en forme de rein.

Réseau : ensemble de lignes saillantes entrelacées à la manière des mailles d’un filet (réseau du pied des Bolets).

Résupiné : qualifie un champignon ayant l’aspect d’une plaque adhérant à son support.

Rhizoïde : cordon plus ou moins enterré en « fausse racine », à la base du stipe

Rimeux : fissuré ou crevassé radialement (inocybes).

Rivuleux : craquelé plus ou moins concentriquement.

Ronde ou « rond de sorcière » : cercle de champignons résultant de la prolifération excentrique d’un champignon initial.

Rysomorphe : cordon mycélien qui s’allonge dans le support (Collybie à chapeau rayé), « fausse racine » à la base du stipe.

S

Sclérote : forme de résistance de certains champignons : c’est une masse compacte de filaments mycéliens (cf. Ergot de seigle).

Scrobiculé : parsemé de petites fossettes irrégulières, à peine creusées (stipe scrobiculé).

Sérrulé : en dents de scie (surtout appliqué à l’arête des lames)

Sessile : dépourvu de pied.

Sétuleux : couvert de soies.

Sinué : se dit des lames qui s’arrondissent en arrivant sur le pied.

Sporange : organes reproducteurs de divers champignons dont les Myxomycètes.

Spore : Organe de la reproduction. La semence des champignons.

Sporée : dépôt des spores en masse.

Squame : synonyme d’écailles.

Squameux : pourvu de petites écailles ou squames.

Squareux : à squames retroussées, plus ou moins perpendiculaire à la surface.

Stipe : « Pied » des champignon à chapeau.

Strigeux : grossièrement hérissé de poils « mal peignés ».

Stroma : fructification de certains champignons (Xylaire des bois).

Subéreux : qui a la consistance du liège.

Sudorien : qui déclenche la sueur. Syndrome spécifique des champignons contenant de la muscarine.

Symbiotique : se dit d’un champignon qui forme une association mycorhizienne avec un végétal supérieur, souvent un arbre.

T

Terricole : qui croît dans la terre.

Thermolabile : qui est détruit par la chaleur (destruction des Hémolysines à partir de 60°C)

Tomentum : couvert de poils courts et serrés.

Trichoderme : cuticule à éléments dressés, perpendiculaires à la trame du carpophore.

Tronconique : à sommet conique, tronqué.

Tubes : petits cylindres, portant l’hyménium, situés sur la face inférieure des Bolets et Polypores. Ils aboutissent à des pores.

Turbiné : en forme de toupie, ou en coussin plus ou moins conique.

U

Ubiquiste : d’habitat varié; venant dans divers milieux.

V

Vallécule : petit espace circulaire séparant le pied des alvéoles chez les morilles.

Vergeté : qui présente de fines rayures plus ou moins rayonnantes, plus sombres que le fond.

Villeux : à feutrage mou ou « mal peigné ».

Voile général : enveloppe membraneuse qui abrite le jeune champignon. Il peut subsister chez l’adulte sous forme d’écailles sur le chapeau et d’une volve à la base du pied.

Voile partiel : enveloppe qui protège l’hyménium de jeunes champignons. Il subsiste chez l’adulte sous la forme d’un anneau.

Volve : tissu qui englobe la base du pied de certains champignons (Amanites…).

Z

Zoné : se dit d’un chapeau parcouru de veines concentriques.

1. Historique

Histoire de la mycologie

En tant que science, la mycologie remonte sans doute au Suédois Carl von Linné (1707-1778) et à son ouvrage Species Plantarum (1753), même si les champignons n’y occupent pas une place vraiment séparée du reste des plantes.
Le premier ouvrage entièrement consacré aux champignons a été publié en 1801 par le Sud-africain Christiaan Hendrik Persoon (1755-1837) (Synopsis methodica fungorum), mais on retiendra surtout le travail d’un autre Suédois, Elias Magnus Fries (1794-1878), qui publie les trois volumes de son Systema Mycologicum entre 1821 et 1832 ; puis le travail de l’Italien Pier Andrea Saccardo (1845-1920) qui publia un monumental ouvrage de Classification à la fin du XIXe siècle Sylloge fungorum hucusque cognitorum.

Le travail important des mycologues et des botanistes du XIXe siècle aboutit au Code international de nomenclature botanique (CINB), créé à Vienne en 1905 et qui fait toujours jurisprudence.
On remarquera que, même si les champignons constituent aujourd’hui un règne du vivant séparé de celui des plantes, on a continué de leur appliquer la nomenclature botanique.